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Michel Serres et le mariage gay

« Cette question du mariage gay m’intéresse en raison de la réponse qu’y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le 1er siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c’est celui de l’Eglise, c’est la Sainte Famille. Mais, examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus, le fils n’est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n’a jamais fait l’amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c’est ce que Levi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l’adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l’impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l’adoption. L’Eglise, donc, depuis l’Evangile selon Saint-Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l’adoption : il ne s’agit plus d’enfanter mais de se choisir. A tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant « je t’ai choisi », « je t’adopte car je t’aime », « c’est toi que j’ai voulu ». Et réciproquement : l’enfant choisit aussi ses parents parce q’il les aime. De sorte que pour moi, la position de l’Eglise sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de 2000 ans. Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l’Evangile selon Saint-Luc, ou de se convertir. »

Entretien accordé par Michel Serres à La Dépêche du Midi et paru le mercredi 24 octobre 2012.

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Et pendant ce temps… au Pakistan

Shahbaz Bhatti
 » Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit.
je n’étais pas communiste
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit.
je n’étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit.
je n’étais pas juif
Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit.
je n’étais pas catholique
Et, puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester  »

Ces vers du Pasteur Martin Niemöller, remaniés par Berthold Brecht, ont fait le tour du monde. Il les avait écrits en 1942 à Dachau. Au Pakistan, ils sont plus que jamais d’actualité depuis que Shahbaz Bhatti, le ministre pakistanais des Minorités religieuses a été sauvagement abattu en plein jour, au coeur d’Islamabad, capitale placée sous très haute surveillance. Où est le gouvernement ? Où sont les « libéraux » ? Où est la société civile ?

Le sauvage attentat qui vient de coûter la vie à Shahbaz Bhatti ne prive pas seulement le Pakistan d’un homme courageux et intègre. Il fait aussi la preuve de l’incapacité grandissante du gouvernement civil d’Islamabad à mettre en œuvre une véritable démocratie. Rien n’est plus dangereux, y compris pour le gouvernement lui-même, qui se réfugie dans un immobilisme frisant la couardise. Laissant le champ libre aux extrémistes de tous poils. Quant à la société civile, elle est divisée, comme le note l’analyste pakistanaise Ayesha Siddiqui. La petite poignée d’activistes qui ose relever la tête est dans la ligne de mire des extrémistes religieux – talibans ou pas – et tout le monde a sur les lèvres la même question : après le gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, assassiné le 4 janvier dernier, et Shahbaz Bhatti, le 2 mars, qui sera le/la prochain(e) ?

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